Adwares

Les gestionnaires de publicités

   
En savoir plus :  Retourner à la page précédente   Imprimer cette page   

FAQ Microsoft Windows
 
 
Les Adwares (publiciels) sont des tâches chargées de gérer et afficher des publicités sur nos ordinateurs et sur les sites que nous visitons. Elles sont intrusives et désagréables par destination et malveillantes par nécessité (se comportent en spywares).

Etymologie
Le mot Adware (Advertising software) vient d'une contraction de "Ads" (publicités en anglais) et "ware" qui désigne une classe de logiciels (freeware, shareware, payware etc. ...). Il existe des dizaines de classes inventées par des informaticiens ou des journalistes, dans la presse, les forums ou ailleurs :
  • "spyware" pour la classe des logiciels espions
  • "shareware" pour la classe des logiciels distribués librement pour essais et que vous payez volontairement si vous décidez d'en poursuivre l'usage au-delà d'une période raisonnablement convenue (généralement 15 à 30 jours)
  • "freeware" pour la classe des logiciels totalement gratuits
et aussi certaines classes totalement farfelues ou très imagées comme
  • "suppositware" : logiciels de m... (de crotte)
  • "tupperware" : logiciels dont le fonctionnement ou le mode d'emploi sont particulièrement hermétiques.
Définition
Il y a 2 définitions pour "adware"
  1. Un adware est un programme qui dirige des publicités ciblées vers votre ordinateur, avec votre consentement initial pour cette tâche, ou sans votre consentement. L'adware est la partie installée sur les ordinateurs cibles d'un ensemble de moyens coopérant ensembles dont les autres parties sont les moyens logiciels d'une régie publicitaire et son réseau de serveurs appelés adservers.
  2. Un adware est un "petit" utilitaire gratuit - un "freeware" ou "shareware" - supporté par un peu de publicité, c'est l'utilitaire lui-même qui est parfois appelé, par extension, un adware (une variante du freeware). C'est le cas, par exemple, de l'excellent 20/20, un programme de captures (copies) d'écrans gratuit. Son auteur en tire une rémunération par l'incrustation de bannières publicitaires gérées par un adware incorporé à 20/20. L'adware est donc alors un freeware dont le créateur conserve la propriété intellectuelle (copyright) et ne nous réclame pas de droit d'usage. En contrepartie, il perçoit une compensation monétaire en insérant un (ou des) bandeau(x) publicitaires dans son programme. Plusieurs de ces programmes n'ont pas besoin de fonctionner en ligne (c'est le cas de 20/20). Ils embarquent sur nos disques durs quelques bannières qui seront renouvelées lors de la prochaine mise à jour de logiciel. Toutefois lorsqu'il s'agit d'un "poids lourd" - un industriel du gratuit - avec toute une structure commerciale derrière - l'adware est bien la verrue (les composants logiciels), généralement parmi plusieurs, ajoutée à ce programme qui, lui, garde sa qualification de freeware. C'est le cas des Go!zilla, KaZaA etc. ... A ce moment là, le freeware agit en trojan - cheval de Troie qui introduit, en nous le signalant parfois mais, le plus souvent à notre insu, des programmes de tierces parties dont les adwares.

Méthodes de diffusion du parasite
  1. Accès physique à l'ordinateur.
    Le plus simple reste, tout de même, d'accéder physiquement à la machine (vous-même, votre copain, votre copine, un employé, un technicien de surface, un détective privé, un parent, un enfant, un ami, le service de gardiennage, la maintenance technique etc. ...) et d'y installer le parasite. Ce n'est probablement pas le cas pour les adwares mais ça l'est pour les keyloggers, les backdoors, les Remote Admin Tools etc. ... La personne qui accède à l'ordinateur peut même en être son utilisateur normal qui a été manipulé et installe tout à fait inconsciemment le parasite après avoir été convaincue qu'elle faisait tout à fait autre chose en installant cette disquette, ce CD, etc. ... Il faut considérer cela comme une faille de sécurité (la première faille de sécurité, la plus importante, se trouve souvent entre la chaise et le clavier).

  2. Abus de faiblesse
    Un bon discours, un bon texte ou une démonstration trompeuse vous a convaincu qu'un truc était absolument indispensable et que vous ne pouviez pas vivre sans. C'est ainsi que bon nombre de parasites sont installés alors que vous croyez installez, vous-même, une simple barre d'outils (ToolsBar) dont vous êtes persuadé avoir besoin. De nombreux utilitaires de sécurités crapuleux, dont plusieurs embarquent, en sus, des parasites (agissent en Trojans) utilisent cette technique d'ingénierie sociale. Là aussi le problème est souvent entre la chaise et le clavier.

  3. Usage d'un trojan.
    L'usage du Cheval de Troie ou Trojan pour installer un parasite est la méthode la plus répandue et c'est vous-même qui êtes allé chercher le vecteur (probablement un programme "gratuit" ou "freeware" ou "shareware") de l'infection et avez procédé à son rapatriement (téléchargé ou copié depuis un CD-ROM etc. ...) et à son installation. Par exemple, c'est vous-même qui installez KaZaA sur votre ordinateur : KaZaA ne vient pas tout seul s'installer. Mais KaZaA est le vecteur de très nombreux parasites dont un downloader permettant d'installer encore d'autres parasites dans un système pyramidal. C'est un trojan. Cette nécessité d'installer le trojan pour que soient installées les parasites contenus est importante car elle dénote bien qu'un trojan doit être installé pour pouvoir lâcher sa charge active. Il y a donc une faille des mesures et procédures de sécurité et elles sont inefficaces ou l'agresseur possède une complicité à l'intérieur.

  4. L'ouverture d'un courrier piégé
    Spam ou non, vous ne devez jamais ouvrir un courrier dont vous ne connaissez pas l'expéditeur et vous ne devez jamais cliquer sur un lien dans un courrier, spam ou non. Un tel courrier piégé peut être assimilé à un cheval de Troie. Vous devez être équipé d'un anti-spam et d'un antivirus.

  5. Usage d'un Fake ou Hoax
    Il s'agit de faux ayant l'apparence du vrai. On les trouve surtout sur les réseaux de P2P où les parasites portent, simplement, le nom des programmes les plus convoités (un jeu...), des chansons les plus téléchargées etc. ... et dans le courrier électronique (spam ou non). Le phishing est de cette nature.

  6. Usage d'une faille de sécurité.
    Cas plus rares, le parasite est installé automatiquement depuis Internet, en exploitant des failles de sécurité. Techniques plus complexes comme le buffer-overflow et avec l'aide d'un downloader... Une technique consiste, par exemple, pour attaquer un système bien protégé, à utiliser un sniffer sur une liaison entre cet ordinateur et un ordinateur externe moins bien protégé auquel le premier fait appel régulièrement (par exemple transmissions quotidiennes depuis une filiale vers une maison mère). Le sniffer permet de repérer, dans les en-têtes, l'identité et le type des fichiers transmis régulièrement. Il suffit alors de faire passer le parasite pour l'un de ces fichiers sur la machine faillible pour infester la machine cible.

  7. Usage de sites piégés.
    Les sites piégés malsains que vous visitez installent "à l'insu de votre plein gré", grâce à l'usage de contrôles ActiveX ou de langages de script, des parasites de toutes nature. Ils profitent d'un certain laxisme de votre part dans le réglage de votre navigateur (surtout Internet Explorer) en ce qui concerne l'acceptation des ActiveX et des scripts. L'un des pièges pour conduire les scripts est l'usage d'images piégées dont les fameuses images invisibles, les WebBugs.

  8. Usage d'un binder
    Le parasite est saucissonné (découpé) en un tas de petits bouts, chacun étant suffisamment anodin pour être indétectable. Le binder va assembler et créer le parasite à partir de petits bouts à l'apparence anodine. Le problème, en amont, est que le binder et les petits bouts du parasite ont pénétré le système. Il y a donc, également, une faille de sécurité à chercher.

Autonomie et persistance des adwares
Les adwares sont capables de fonctionner seuls, même si le programme ou le site qui a servi de véhicule n'est pas actif. Ils survivent également à une désinstallation du vecteur (trojan) qui les a implantés. Ainsi, le fait de désinstaller KaZaA ne désinstalle absolument pas la foule d'adwares, spywares, downloader et autres implants malveillants qui viennent avec.

Activités des adwares
Les adwares prennent en charge la gestion de la publicités sur nos ordinateurs (comptage, affichage, statistiques, clics etc. ...). Ils sont au service des serveurs de publicités, les adservers, qui sont, physiquement, les réseaux d'ordinateurs distants propriétés des régies publicitaires. Par exemple, l'adware peut demander à l'adserver, toutes les 30 secondes, le renouvellement d'une bannière publicitaire par une autre, en fonction de mon profil de consommateur. Il peut contrôler le capping des pop-up ou pop-over ou pop-under (nombre de fois que l'internaute voit une pop-up dans la journée ou sur la semaine etc. ...). Toutes les techniques de publicités sont touchées.

A de rares exceptions près, les adwares sont, simultanément, des spywares. Ils traquent vos moindres habitudes, faits et gestes de navigation ou hors navigation, pages et urls visitées, Mots-clés utilisés, données saisies dans des formulaires, programmes utilisés, documents média vus ou écoutés etc. ... Il s'agit d'en déduire vos goûts et besoins du moment et dresser ainsi votre profil de consommateur pour vous servir "la bonne pub au bon moment". Ils rapportent ces informations volées aux adservers de la régie publicitaire qui maintient de gigantesques bases de données des profils de tout le monde. Elles sont consolidées par l'échange d'informations entre régies publicitaires et avec d'autres données obtenues grâce aux caisses enregistreuses des commerces, aux paiements par carte bancaire, à vos coups de téléphones, à vos abonnements etc. ... Bien entendu, toutes les techniques pour tenter de vous identifier personnellement sont mises en oeuvre, même si elles sont, purement et simplement, illégales.

Quelques adwares se permettent de hijacker des adwares concurrents sur votre propre ordinateur, remplaçant à la volée des publicités gérées par des confrères et néanmoins concurrents par les publicités de leurs propres clients : il s'agit de publicité intrusive.

Les Smart Links créent de la publicité là où il n'y en a pas même s'ils relèvent plus des spywares particulièrement intrusifs.

Les adwares ont aussi en charge de stocker (downloader) les publicités sur nos disques durs pour les resservir hors connexion.


Création d'une faille de sécurité
Les adwares comportent des capacités de se mettre à jour qui leur permettent de télécharger et d'exécuter du code quelconque, incontrôlé et incontrôlable, sur nos machines, ce qui constitue l'introduction d'une faille de sécurité.


Comment l'adware montre la publicité ?
De diverses manières (et ils en inventent de nouvelles sans arrêt pour lutter contre les anti-adwares et éveiller notre attention) :

Où l'adware montre la publicité ?
  • Dans la fenêtre d'un programme :
    Dans un coin de la fenêtre du programme que vous utilisez. Le cas le plus fréquent est la " bannière " mais aussi carrément dans la fenêtre du programme. Cydoor, par exemple, qui est livré en bundle avec de très nombreux programmes, se sert de la fenêtre même du produit logiciel comme d'une fenêtre d'un navigateur Internet, pour afficher des publicités y compris lorsque vous êtes hors connexion. Il déclare d'ailleurs froidement que l'utilisateur est plus souvent devant ses programmes que devant Internet et que ses pubs y ont donc un meilleur impact et sont vues plus souvent !
  • Dans la fenêtre d'un site :
    Dans un "coin de fenêtre" (souvent dans plusieurs coins) d'un site que vous consultez. Ce sont les " bannières " et les "boîtes flottantes" (layers) dites "pop-up sliders" gérées par des scripts pour les cas les plus courants.
  • Dans ses propres fenêtres :
    Les tristement fameuses pop-up, pop-under, pop-over etc. ..., des fenêtres 100% publicitaires qui s'ouvrent par dessus la fenêtre que vous consultez, ou par derrière et que vous découvrez en quittant votre consultation, ou qui s'incrustent durant 20 à 30 secondes dans la fenêtre que vous tentiez de consulter et vous ne pouvez rien faire d'autre qu'attendre (pas de fermeture ou de contournement possible).
  • Dans les pages d'erreur 404 :
    Depuis la nuit des temps (de l'hypertexte), les liens erronés (clic sur un lien dont la cible n'existe pas ou plus, peu importe la raison) provoquent l'affichage d'une page d'erreur dite " erreur 404 ",
    • soit sur l'initiative du navigateur (Internet Explorer ou Netscape par exemple),
    • soit sur l'initiative du webmaster qui a prévu " le coup " en développant son site,
    • soit sur l'initiative de l'hébergeur du site (du serveur)
      Et bien, si certaines erreurs 404 ne sont pas gérées par le site ou l'hébergeur, la page d'erreur standard générée à leur place par votre navigateur est remplacée à la volée par une page publicitaire, dite "pop404". Les pages d'erreur 404 du Webmaster (du site) peuvent, elles, comporter toutes les autres formes de pub voulues par le Webmaster pour son site. Les pages d'erreur 404 à l'initiative du serveur (de l'hébergeur), lorsque le Webmaster n'a rien prévu, peuvent, elles, contenir toutes les formes de pub voulues par l'hébergeur y compris une pub pour son propre service d'hébergement.
  • Dans les fenêtres de ses propres confrères et néanmoins concurrents :
    Cette forme de publicité très agressive consiste, pour un publicitaire, à carrément prendre la place d'un autre publicitaire. Elle est classée à " publicité intrusive " et relève de l'espionnage industriel (sans vouloir prendre la défense des publicitaires et annonceurs lésés).





Historique des révisions de ce document :

Historique

 
   
Rédigé en écoutant :
Loreena McKennitt - The mask and mirror